Coaching de santé : quand la conscience devient soin
- Philippe VINCENT

- 19 juin 2025
- 6 min de lecture
Dans un monde où l’on meurt désormais moins de blessures aiguës que d’usures chroniques, où l’appendicite a cédé sa terreur à l’arthrose silencieuse et aux désordres métaboliques, il est devenu urgent de repenser ce que signifie « prendre soin ». Et c’est dans cette brèche qu’intervient le Dr Jean-Luc Monsempès, médecin de formation, pionnier du coaching de santé, arpenteur de la complexité humaine. Ce webinaire, présenté dans le cadre d’ICF Synergie, n’est pas une simple conférence sur un concept émergent. C’est un manifeste, une invitation à réintégrer le vivant dans nos pratiques d’accompagnement, qu’elles soient médicales, psychologiques ou simplement humaines.

Source : Webinaire ICF Synergie du Dr Jean-Luc Monsempès sur le "Coaching santé... les clés du changement" - lien YouTube : https://youtu.be/K8N2-fnGu9w
Jean-Luc Monsempès n’est pas un médecin comme les autres. Après un début de carrière sur le terrain – de la médecine tropicale aux urgences du SAMU – il a peu à peu quitté les hôpitaux pour explorer les marges : celles de l’industrie pharmaceutique d’abord, puis des sciences humaines, de la programmation neurolinguistique à l’hypnose ericksonienne. Son propos est à la croisée de tous ces mondes.
Une bascule nécessaire : du médical au relationnel
Le coaching de santé n'est pas un énième outil à la mode ou une technique d’auto-guérison spectaculaire. Le système médical, excelle à diagnostiquer, prescrire, prévenir. Mais entre les recommandations d’un professionnel et leur mise en œuvre réelle par le patient, il y a un abîme. Et dans cet espace non comblé – entre savoir et pouvoir, entre connaissance et transformation – s’inscrit la mission du coach de santé.
Il s'agit d'une approche fondée sur une relation interpersonnelle, dans laquelle la personne accompagnée fixe ses propres objectifs, découvre ses propres ressources, apprend activement et prend la responsabilité de ses comportements. En somme, il s’agit de faire du patient un acteur de sa propre santé, et non plus un objet passif des soins.
Mais cette approche ne s’improvise pas. Elle requiert une double compétence : la connaissance des dynamiques biologiques, psychologiques, sociales et spirituelles qui traversent un être humain, et une capacité d’écoute, de questionnement, de présence, qui dépasse la simple rationalité.
Le coaching de santé ne remplace pas la médecine ; il la complète. Il est cet espace où l’on peut se dire : « Mon médecin m’a prescrit ceci, mais comment puis-je, moi, l’habiter ? Comment puis-je en faire un geste qui a du sens ? »
De la pathogénèse à la salutogénèse
Comment passer d’une médecine de la pathogénèse à une approche de la salutogénèse ? Là où la première cherche les causes de la maladie pour les éradiquer, la seconde s’intéresse à ce qui crée et soutient la santé. Inspirée des travaux du sociologue Antonovsky, cette perspective postule qu’il existe, en chacun de nous, un potentiel de santé à activer. Le stress, loin d’être un ennemi à éliminer, devient ici une donnée incontournable de la vie, qu’il convient de réguler plutôt que de fuir.
Le coach de santé ne vise donc pas uniquement la disparition du symptôme, mais l’émergence d’un nouveau rapport à soi et au monde, plus aligné, plus vivant. Il ne guérit pas au sens médical du terme, mais il accompagne un processus de transformation qui peut, parfois, faire advenir la guérison.
Une vision écosystémique de la santé
La santé est un tout. Elle ne se limite pas à l’état des organes, ni même au bien-être psychologique. Elle inclut le social, le culturel, le spirituel. Pour l’exprimer, il faut s'intéresser au modèle de Ken Wilber, qui distingue quatre quadrants : le biologique (ce qui se voit à l’extérieur d’un individu), le psychologique (ce qui se vit à l’intérieur), le culturel (les croyances, les récits partagés) et le social (les structures, les contextes de vie).
Une maladie chronique comme la sclérose en plaques, par exemple, ne peut être appréhendée uniquement comme un dysfonctionnement immunologique. Elle s’enracine dans une histoire personnelle, une culture, une manière de vivre et de donner du sens au monde. Et c’est dans cette globalité, dans cette interdépendance des systèmes, que le coach de santé intervient.

Le symptôme comme message
Le symptôme n’est plus un ennemi à vaincre, mais une information à décoder. Dans une perspective systémique, il signale un déséquilibre, une rupture, une tension entre différentes dimensions de l’être. Il parle autant de l’histoire de la personne que de son contexte actuel, de ses croyances que de ses émotions.
Dans cette vision, le coach de santé devient un traducteur. Il aide à entendre ce que le corps tente de dire, à relier les signaux du vivant à une intelligence plus profonde. Il est un catalyseur d’émergence, un facilitateur d’unité.
Le poids du passé, la puissance des croyances
L’impact des expériences d’enfance – les « ACE » (Adverse Childhood Experiences) – sur la santé à l’âge adulte - nous permet d'affirmer ce lien : maltraitance, négligence, insécurité affective ont un impact profond, parfois invisible, sur le corps, le système immunitaire, le comportement.
Mais ce passé ne détermine pas tout. À condition de le revisiter, de le mettre en lumière, de transformer les croyances qu’il a engendrées. Car ce sont ces croyances – souvent inconscientes – qui figent le mouvement de la vie, qui restreignent le champ du possible, qui maintiennent la maladie là où il pourrait y avoir régénération.
La guérison passe par une reconnexion à ce qui nous rend vivant, à notre désir, à notre élan vital. Et cela, parfois, ne commence pas par une pilule ou une chimiothérapie, mais par une question simple et bouleversante : « Que voulez-vous le plus créer dans votre vie ? »
Le voyage du héros : guérir, c’est renaître
si on s'inspire des travaux de Joseph Campbell sur le mythe du héros, on peut comparer la guérison à un voyage intérieur. Une maladie grave est un tremblement de terre existentiel. Elle déconstruit l’ancien monde. Elle oblige à redéfinir ce que vivre signifie.
Et certains, dans ce fracas, entendent un appel. Un appel à se réinventer. À changer de regard, de posture, d’engagement envers soi-même. Le coach de santé est alors ce compagnon discret du voyage. Il ne marche pas à la place du héros, mais il éclaire le chemin, rappelle les ressources, soutient dans les tempêtes.
Ce voyage n’est pas une fuite hors du réel. Il demande des actes concrets, une hygiène de vie renouvelée, des rituels quotidiens, une conscience accrue. Mais il ouvre aussi sur l’imprévisible, l’intime, le mystérieux. Car la santé ne peut être qu’en partie rationnelle. Elle est aussi poétique, symbolique, vivante.

Une autre présence, une autre écoute
Un mot revient comme un fil d’or : présence. La qualité de présence du coach est un facteur majeur de transformation. Ce n’est pas ce qu’il fait qui compte d’abord, mais comment il est là. Avec quelle attention, quel amour, quel silence.
Selon Milton Erickson : « C’est votre attitude envers le patient qui détermine les résultats que vous atteignez. » Dans l’art japonais du Kintsugi, les fêlures d’un bol cassé sont réparées avec de l’or. Le soin n’est pas une réparation technique ; il est une revalorisation du vivant blessé, une reconnaissance de la beauté même dans la fracture.
Un art, une posture, un horizon
Le Coaching de santé est une philosophie, une éthique de la relation, un art de vivre. Il ne s’agit pas de s’opposer au monde médical, mais de l’élargir. D’y réintroduire le sujet, le sens, l’expérience vécue.
Le coaching de santé est également une posture : humble, curieuse, ouverte. Il est aussi une écologie : celle de la personne dans son milieu, dans son histoire, dans ses aspirations. Il est enfin une promesse : celle que, même au cœur de la maladie, quelque chose en nous peut encore croître, vibrer, aimer, et s’unifier.
Un souffle d’espoir
Tant que nous sommes vivants, nous avons un pouvoir. Un pouvoir de choix, de conscience, d’orientation. Un pouvoir qui ne nie pas la souffrance, mais qui rappelle que la santé ne se mesure pas uniquement à la disparition des symptômes, mais à notre capacité à faire quelque chose de notre existence.
Le coaching de santé n’est pas une panacée. Il est un pont. Un pont entre la science et la sagesse, entre le savoir et l’être, entre le visible et l’invisible. Un pont qu’il nous revient, peut-être, de traverser.
Ce texte a été écrit en partie par une IA et contrôlé par nos soins ➡️





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